vendredi 19 juillet 2019

Memphis, avec le “Guide bleu”


photo de Bonfils
“De la première capitale de l’Égypte unifiée, il ne reste aujourd’hui presque rien : quelques blocs disséminés sous la palmeraie.
Dans le parc archéologique, on peut quand même voir quelques sculptures monumentales découvertes sur le site. La plus spectaculaire est un colosse de Ramsès couché sur le dos, haut à l'origine de 13 m.”
“Découvert en 1820 par Caviglia et Sloane, ce colosse fut offert au musée Britannique qui n’en prit pas possession. Il est taillé dans un bloc de calcaire siliceux et mesure 10 m. 30 de hauteur (13 m. avant d’avoir perdu ses jambes) ; il porte son nom gravé à l’épaule droite, sur le pectoral et la boucle du ceinturon. Coiffé d’un nemès que surmonte le pschent, ce colosse n'est autre que l’image de Sésostris mentionnée par Hérodote et Strabon.”
“Un colosse similaire fut retrouvé non loin de celui-ci : transporté au Caire en 1955, il fut dressé devant la gare de chemin de fer, puis transféré (...) sur le site du nouveau Musée archéologique (...). Au centre du périmètre, on peut également voir un sphinx d'albâtre datant probablement du règne d'Aménophis II (1427-1401) : c’est la plus grande sculpture égyptienne en albâtre connue à ce jour.”
“D’autres fragments au nom de Ramsès II se voient encore dans le voisinage. Le grand temple de Ptah, qui se trouvait au cœur de la ville de Memphis, devait avoir son emplacement non loin de là. Des fouilles y furent entreprises par Grébaut qui découvrit, en 1890, des statues royales de la IVe et de la V°e dyn.; par Daressy, qui mit au jour, en 1894, une grande barque de granit, etc.
La ville, que les Grecs appelaient ‘Memphis’ par altération de son nom égyptien ‘Mennofri’ (copte ‘Menfi’, ‘Memfi’) et qui paraît aussi avoir été désignée du nom de son principal sanctuaire, ‘Hâït-Ka-Ptah’, fut l'une des plus anciennes et des plus importantes cités de l’Égypte. Au temps d'Hérodote, elle passait pour avoir été fondée par Ménès, et le souvenir de cette fondation se confondait avec celui des grands travaux hydrauliques, attribués également à ce roi, pour régulariser le cours du Nil. (...)
Memphis avait atteint son apogée sous la IVe dynastie ; sa décadence, causée par l’affaiblissement des princes régnants de la VIIe et de la VIIIe, fut rapide. Déchue du rang de capitale, elle n’en resta pas moins une très grande ville d'Égypte, et Thèbes seule, grâce aux conquêtes de ses princes et à la durée de son hégémonie, put rivaliser avec elle de grandeur et de richesse. Mais, par une sorte de privilège dû à sa position qui commandait le Delta, au moins autant qu’à l’illustration de son sanctuaire, Memphis ne tomba jamais dans un abandon semblable à celui des autres capitales.”
(condensé de textes des Guides bleus “Égypte”, éditions de 1956 et 2010)

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