lundi 9 décembre 2019

L'arrivée à Louqsor et premières impressions, par Albert Denis

tableau de David Roberts
 "Vingt-trois heures arrivent. Le convoi ralentit sa marche, puis s’arrête : c’est Louqsor. Me voici dans la patrie des dieux et des rois. Je savoure intérieurement cette minute mémorable. Puis, une voiture me conduit à Louqsor-Hôtel, où je reçois une hospitalité aux traditions internationales d'élégance discrète et raffinée.
Égale, sur ce point, à la Rome majestueuse, dont le ciel rayonnant met dans une chaude lumière, l'auguste splendeur des ruines ; pareille à la Grèce harmonieuse, dont la lumière violette baigne, en les spiritualisant, les restes des marbres dorés de l'Acropole : telle s'offre au regard de l'âme, sous l'éblouissement de son soleil, cette terre prestigieuse sur laquelle s'éleva la cité célèbre où palpita plus particulièrement l'âme de l'Égypte du Moyen-Empire.
Essayons d'évoquer et de faire revivre la cité thébaine, avant de faire l'exploration de ce qui subsiste encore d'elle : c'est-à-dire ses temples colossaux et ses émouvants hypogées.

Sur les deux rives du Nil, aux quais  et aux escaliers de granit et de brique, s'étendait la cité prodigieuse.
Le voyageur qui, pour la première fois, tel, par exemple, le trafiquant phénicien, venu des lointains de la Grande Mer sur sa barque en bois de cèdre, à la voile carrée et multicolore, remontait le cours du Nil et arrivait en vue de Thèbes, ne pouvait qu'être impressionné par le panorama immense de la cité."

extrait de Terre d'Égypte, 1922, par
l'abbé Albert Denis qui, participant à "l'expédition militaire de Palestine-Syrie", profita de ses permissions pour visiter l'Égypte. "Ce fut pour lui à la fois une révélation et un éblouissement."

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