jeudi 1 novembre 2018

"Le principal caractère de l'art égyptien est, avec le goût de l'exactitude, la puissance du sentiment" (Alexandre Max de Zogheb)

Peinture tirée des tombeaux de l'Assassif à Thèbes
"(L'art égyptien), quelque conventionnel qu'il soit, quelque original qu'il puisse paraître, n'en est pas moins remarquable par la puissance de son style aussi expressif que réaliste (...).
Le principal caractère de l'art égyptien est, avec le goût de l'exactitude, la puissance du sentiment. L'artiste se contentait de copier ; mais ce qu'il rendait était expressif autant que fidèle ; il sacrifiait la beauté, conservant cependant la noblesse des formes.
On commença sous l'époque thébaine à exécuter de grandes statues, le style s'en ressentir et devint conventionnel : les poses ne furent plus qu'uniformément compassées, l'expression calme, grave, et les membres rigoureusement symétriques. Ces colosses n'étaient pas du reste créés par un seul artiste : on divisait le bloc en quatre parties : dont on confiait l'exécution à divers ouvriers ; aussi toutes les œuvres de cette époque péchèrent-elles par le défaut de variété dans les attitudes et par le manque de vivacité. En se rendant complètement maîtres des matières plastiques les plus rebelles, les Égyptiens obtinrent enfin, vers la XIXe dynastie, cette remarquable habileté, cette minutie qui transforma leur art en une science de détail.
À l'ornementation compliquée de cette époque succéda bientôt un relâchement dans l'art sous les dominations assyriennes et persanes ; mais, avec les Prolémées, grâce à de nouvelles méthodes, le style se perfectionna et acquit l'élégance qui lui manquait."


extraits de L'Égypte ancienne : aperçu sur son histoire, ses mœurs et sa religion, 1890, par Alexandre Max de Zogheb, 
consul du Portugal à Alexandrie, chargé d'affaires, membre correspondant de l'Institut égyptien, présenté par Maspero en ces termes : "M. de Zogheb n'est pas un savant de profession : c'est un de ces Alexandrins dont le nombre augmente chaque jour, que se passionnent pour l'histoire
leur ville et qui enlèvent aux affaires des heures qu'ils consacrent à l'étude du passé."

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